
Photo : Athénaïs Besnard
Lors d'une résidence au Collège des Bernardins • Juin 24
Démarche artistique
Esthétique microscopique & Architecture invisible du vivant
Arts & Sciences
Émerveillement
& Questionnement
À la croisée de l’art et de la science, mon travail explore l’esthétique du vivant à l’échelle microscopique. Artiste d’origine scientifique, je m’intéresse aux architectures invisibles qui soutiennent la vie — tissus, cellules, molécules — et à la manière dont elles peuvent devenir formes, paysages et espace de contemplation.
Ma recherche est nourrie par les œuvres biomorphiques de Klee, Kandinsky, Klimt et Arp, ainsi que par des artistes tels que Guiseppe Penone, Jaume Plensa et Anna-Eva Bergman. Les images et les connaissances issues des sciences du vivant, de la physique et de la chimie constituent une source inépuisable d’émerveillement et de questionnement, venant irriguer mon travail plastique.


Comme l'art, la science est une tentative toujours renouvelée d'appréhender, de manière de plus en plus riche, l'univers au-delà de ses reflets.
Jean-Claude Ameisen
médecin, biologiste,
immunologiste français
Dans un monde de plus en plus virtuel et dématérialisé, je revendique un rapport sensitif et incarné à la matière et cherche à faire dialoguer art et science, physique et métaphysique.
Pour raconter les beautés cachées de l’infime, je travaille principalement l’acrylique sur gypse gravé, parfois rehaussée de feuille d’or. Le processus est lent, le geste appliqué, presque méditatif. Je façonne la surface, trace des lignes évoquant paysages intérieurs ou lois naturelles, puis j’introduis couleur et lumière. Les teintes — souvent bleu, vert et doré — dialoguent avec les reliefs et les aspérités de la matière, laissant apparaître rythmes et variations lumineuses selon l’éclairage.
Atelier • Laboratoire
Abstractions cellulaire sur matrices scientifiques
Intriguée par le passage de l’inerte au vivant, je réalise également des abstractions cellulaires sur matrices scientifiques : ADN, tableau de Mendeleïev, constantes de l’univers. Ces données, imprimées et marouflées sur différents supports, sont travaillées à l’acrylique et par des réactions chimiques. Elles laissent émerger, de manière partiellement aléatoire, des jeux de textures, de transparence et de superpositions.
Mon travail ne cherche ni à illustrer ni à convaincre, mais à proposer un espace de perception où expérience sensible, savoir et contemplation peuvent coexister. Mes œuvres invitent à changer d’échelle, à ralentir le regard et à considérer le vivant comme une tension entre matière et mystère, visible et invisible.


Commencer par la matière, la façonner, patienter.
Tracer des lignes évoquant les lois naturelles soutenant le monde.
Ajouter des touches de couleur et de lumière.
Chercher une forme d’élégance, de sens, de transcendance.
Faire entrer en résonance art et science,
physique et métaphysique,
visible et invisible.
Marie Salomé Le Guehennec
Née à Strasbourg en 1981
Vit et travaille en Drôme Provençale


